"Alexandre Jacob, portrait d’un bagnard anar."

JACOB, Alexandre Marius (1879-1954)

"Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend" : Portrait d’Alexandre Jacob

Le 30 août 1954, Robert et Josette Passas reçoivent un télégramme de Guy Denizeau, marchand forain, annonçant la mort de leur ami commun. L’enterrement est fixé au mardi 31 à 14h30 au cimetière de Reuilly, dans l’Indre. Une dizaine de personnes tout au plus, amis et voisins, suivent le cortège funèbre. Anecdote humainement ordinaire. L’homme, qui vient de se suicider par injection de morphine, a pourtant droit à un entrefilet dans l’hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné ainsi que dans la nouvelle formule du Monde Libertaire. Le journaliste reporter Alexis Danan (« Cayenne » 1930) lui consacre une large oraison dans la revue Noir et Blanc. Le mensuel Défense de l’Homme de Louis Lecoin, fait l’éloge de celui que le Dictionnaire Biographique du Mouvement Ouvrier de Jean Maîtron qualifie de « dernier des grands voleurs anarchistes ».

Cinquante ans plus tard, le syndicat d’initiative de Reuilly organise une exposition–souvenir sur Alexandre Marius Jacob. Pourquoi pas ? Le Val de Loire a ses châteaux, le Berry ses sorcières et cette petite commune de l’Indre, l’homme qui aurait inspiré Maurice Leblanc pour créer le personnage d’Arsène Lupin.