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	<title>Elis&#233;e Reclus, le site</title>
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		<title>RECLUS, &#201;lis&#233;e. &#034;La Nouvelle Orl&#233;ans&#034;</title>
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		<dc:date>2007-12-03T09:55:33Z</dc:date>
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		<dc:subject>Nouvelle-Orl&#233;ans (La), Louisiane (Etats-Unis) </dc:subject>

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&lt;p&gt;Elis&#233;e Reclus, Nouvelle g&#233;ographie universelle. Paris : Librairie Hachette et Cie, 1892. T. XVI p. 357-358. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les fines argiles de la r&#233;gion du delta, moins &#233;bouleuses que les sables plus grossiers des rives d'amont, servent &#224; la construction de lev&#233;es lat&#233;rales qui r&#233;sistent bien &#224; la pression des eaux d'inondation, aussi longtemps que leur cr&#234;te n'est pas d&#233;pass&#233;e par le flot et que des remous produits par quelque changement de courant n'en affouillent pas la base. La culture des alluvions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Cabinet de lecture : Quelques textes d'&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Nouvelle-Orl&#233;ans (La), Louisiane (Etats-Unis) &lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elis&#233;e Reclus, &lt;i&gt;Nouvelle g&#233;ographie universelle&lt;/i&gt;. Paris : Librairie Hachette et Cie, 1892. T. XVI p. 357-358.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_66 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://archives.cira-marseille.info/reclus/local/cache-vignettes/L350xH259/portnosm-9cb8d.gif?1652631232' width='350' height='259' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les fines argiles de la r&#233;gion du delta, moins &#233;bouleuses que les sables plus grossiers des rives d'amont, servent &#224; la construction de lev&#233;es lat&#233;rales qui r&#233;sistent bien &#224; la pression des eaux d'inondation, aussi longtemps que leur cr&#234;te n'est pas d&#233;pass&#233;e par le flot et que des remous produits par quelque changement de courant n'en affouillent pas la base. La culture des alluvions basses e&#251;t &#233;t&#233; impossible si l'on n'avait d'abord ainsi prot&#233;g&#233; les champs en 1717 d&#233;j&#224; on construisit de premiers remparts d'argile autour de la Nouvelle-Orl&#233;ans. Ces digues ou lev&#233;es, hautes de 3 &#224; 5 m&#232;tres en moyenne, mais plus saillantes et doubl&#233;es par des contre-digues aux tournants dangereux, bordent le fleuve &#224; droite et &#224; gauche sur une longueur totale de plusieurs milliers de kilom&#232;tres. Le long de la rive droite, la plus basse, elles forment un rempart presque continu de Cape Girardeau jusqu'en aval de New Orleans. Sur la rive gauche, que dominent &#231;&#224; et l&#224; les falaises, la ligne continue des lev&#233;es ne commence gu&#232;re qu'&#224; la fronti&#232;re m&#233;ridionale du Tennessee. Mais ces digues, construites nagu&#232;re par les diff&#233;rents &#201;tats, sans plan d'ensemble, sont elles-m&#234;mes des causes de d&#233;sastre, car elles rejettent vers l'aval les eaux qui se perdraient en amont dans les mar&#233;cages riverains, et la masse liquide accrue finit toujours, dans les ann&#233;es de grandes pluies, par trouver un point faible d'o&#249; un d&#233;luge se pr&#233;cipite dans les campagnes. Une statistique &#233;num&#232;re quarante-cinq crevasses qui firent br&#234;che dans les lev&#233;es du Mississippi en aval du Saint Francis pendant l'inondation de 1858. L'histoire des &#171; crevasses &#187; est celle des fl&#233;aux de la Louisiane : que de fois une partie du Mississippi, d&#233;truisant ses digues, se fraya une nouvelle embouchure en noyant les cultures ! Ainsi la crevasse du Bonnet Carr&#233;, qui s'ouvrit en 1850, puis se rouvrit en 1859, laissant passer un fleuve d'environ 3000 m&#232;tres cubes par seconde, plus que le Rh&#244;ne dans les eaux moyennes. Des embarcations, entra&#238;n&#233;es par le courant furieux, all&#232;rent se briser dans la cypri&#232;re : on ne sauva qu'&#224; grand peine un bateau &#224; vapeur du naufrage. La nouvelle rivi&#232;re coula plus d'un mois en 1850, et le Pontchartrain, de golfe marin qu'il &#233;tait, se changea temporairement en lac d'eau douce ; les hu&#238;tri&#232;res de Biloxi et de la Passe Christiane furent d&#233;truites par les eaux fluviales. L'inondation de 1874 ouvrir quinze crevasses, et dans la Louisiane plus d'un million d'hectares, plant&#233;s en cotonniers, cannes &#224; sucre et ma&#239;s, disparurent sous l'eau. En amont de la Louisiane, la plaine s'est parfois trouv&#233;e inond&#233;e de falaise &#224; falaise : en 1890, toute la vall&#233;e du Yazoo devint un lac temporaire ; la crue s'&#233;tendait sur un espacede 175 000 kilom&#232;tres carr&#233;s, le tiers de la France. Les buttes &#233;lev&#233;es par les Indiens &#233;taient les seuls lieux de refuge pour les agriculteurs et le b&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Nouvelle-Orl&#233;ans, ancienne m&#233;tropole de la Louisiane fran&#231;aise, devenue aujourd'hui la New Orleans des Anglo-Am&#233;ricains, d&#233;veloppe sa fa&#231;ade sur une tr&#232;s grande longueur. Le double croissant des maisons, convexe en amont, concave en aval, qui borde la rive gauche du Mississippi, se compose de plusieurs villes ou quartiers, graduellement soud&#233;s les uns aux autres sur un espace de 20 kilom&#232;tres. Et pourtant le sol semblait bien peu favorable pour recevoir de pareils amas de constructions. Quoique la Nouvelle-Orl&#233;ans soit situ&#233;e &#224; 162 kilom&#232;tres de l'embouchure, les terrains ne s'y &#233;l&#232;vent qu'&#224; 3 m&#232;tres en hauteur moyenne, et dans les faubourgs les plus &#233;loign&#233;s du fleuve la terre basse et spongieuse d&#233;passe &#224; peine le niveau marin. Avant 1727, alors qu'une digue ne la prot&#233;geait pas encore, la ville &#233;tait p&#233;riodiquement inond&#233;e et pr&#233;sentait l'aspect d'un cloaque ; l'isthme qui s&#233;pare les eaux du fleuve et celles du lac Pontchartrain disparaissait presque pendant les crues et se r&#233;duisait &#224; une petite langue de terre o&#249; l'on avait rel&#233;gu&#233; les l&#233;preux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux endiguements commenc&#233;s il y a plus d'un si&#232;cle et demi, la Nouvelle-Orl&#233;ans a cess&#233; d'&#234;tre amphibie. Une magnifique lev&#233;e, ayant jusqu'&#224; 100 m&#232;tres de large, la prot&#232;ge &#171; en abord &#187; du fleuve, sur une longueur de 20 kilom&#232;tres, et de puissantes machines &#224; vapeur travaillent incessamment &#224; pomper les eaux de pluie ou d'infiltration pour les rejeter dans le lac Pontchartrain par un canal d'&#233;gout. Les plupart des maisons, en bois ou en briques, sont de construction tr&#232;s l&#233;g&#232;re : les &#233;difices publics, auxquels leur hauteur et leur rev&#234;tement de pierres donnent un poids consid&#233;rable, reposent tous sur des pilotis enfonc&#233;s de 20 ou 25 m&#232;tres dans le sol, au-dessous du niveau de la mer. Les vases que le fleuve d&#233;laisse sur la partie convexe du croissant inf&#233;rieur de la ville augmentent d'ann&#233;e en ann&#233;e la largeur de la batture et ont permis de gagner l'espace n&#233;cessaire &#224; la construction de plusieurs rues ; mais en amont la rive rentrante du faubourg de Carrollton est fortement attaqu&#233;e et l'on a d&#251; sacrifier tout un quartier. Le plan normal de la Nouvelle-Orl&#233;ans est celui de toutes les autres cit&#233;s modernes de l'Am&#233;rique du Nord ; cependant la double courbe du fleuve emp&#234;cha de tracer les rues parfaitement droites d'une extr&#233;mit&#233; &#224; l'autre : il a fallu disposer les quartiers du croissant inf&#233;rieur, le &#171; quartier fran&#231;ais &#187;, en forme de trap&#232;zes, s&#233;par&#233;s par des boulevards, et tournant leur petite base vers le fleuve. En revanche, les faubourgs du nord, Lafayette, Jefferson, Carrollton, construits sur une presqu'&#238;le semi-annulaire du Mississippi, pr&#233;sentent au courant leur base la plus large, et les boulevards qui les limitent de chaque c&#244;t&#233; se r&#233;unissent en pointe sur la lisi&#232;re de la for&#234;t au milieu de laquelle la ville a &#233;t&#233; b&#226;tie. Ces quartiers du nord sont les plus &#233;l&#233;gants, entour&#233;s de plantations que parfument les fleurs des orangers, des magnolias, des jasmins. Les villes d'Algiers, Mac Donoughville, Gretna, situ&#233;es en face, sur le sol bas d'anciennes &#171; cypri&#232;res &#187; p&#233;niblement conquises par des remblais, doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es aussi comme de simples faubourgs : ce sont des groupes d'usines, d'entrep&#244;ts et de gares. Le nom d'Algiers ou &#171; Alger &#187; a &#233;t&#233; donn&#233; &#224; la ville de la rive droite par allusion &#224; la cit&#233; africaine que la M&#233;diterran&#233;e s&#233;pare de la France, comme le large Mississippi s&#233;pare Algiers du &#171; quartier fran&#231;ais &#187; de la Nouvelle-Orl&#233;ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A part l'humidit&#233; du sol, la vaste agglom&#233;ration urbaine jouit de la plus belle position commerciale, et Bienville fit preuve d'une intelligence divinatrice quand il fonda, en 1718, la premi&#232;re baraque du &#171; Nouvel Orl&#233;ans &#187;. Plac&#233;e &#224; une certaine distance de l'embouchure, et cependant assez rapproch&#233;e du point o&#249; le fleuve se divise en plusieurs branches, la ville domine &#224; la fois le commerce de l'int&#233;rieur et celui de l'ext&#233;rieur, et tous les produits et marchandises d'un vaste territoire viennent forc&#233;ment s'y &#233;changer. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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