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	<title>Elis&#233;e Reclus, le site</title>
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		<title>RECLUS, &#201;lis&#233;e. &#034;Enqu&#234;te sur l'antis&#233;mitisme&#034;</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Suite &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;lis&#233;e Reclus &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;minent g&#233;ographe, l'infatigable ap&#244;tre des revendications du prol&#233;tariat m'envoie de Bruxelles la lettre suivante : &lt;br class='autobr' /&gt; Mon cher camarade, &lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai &#233;crit aucune brochure sur la question des s&#233;mites et des antis&#233;mites et ne puis donc rien vous envoyer. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai fait une conf&#233;rence sur ce sujet, mais sans en r&#233;diger le texte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant j'aurais mauvaise gr&#226;ce &#224; ne pas r&#233;pondre &#224; votre questionnaire et je m'ex&#233;cute un peu &#224; contre coeur car les questions qui nous sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Cabinet de lecture : Quelques textes d'&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Suite&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;minent g&#233;ographe, l'infatigable ap&#244;tre des revendications du prol&#233;tariat m'envoie de Bruxelles la lettre suivante :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mon cher camarade,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai &#233;crit aucune brochure sur la question des s&#233;mites et des antis&#233;mites et ne puis donc rien vous envoyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait une conf&#233;rence sur ce sujet, mais sans en r&#233;diger le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant j'aurais mauvaise gr&#226;ce &#224; ne pas r&#233;pondre &#224; votre questionnaire et je m'ex&#233;cute un peu &#224; contre coeur car les questions qui nous sont pos&#233;es le sont toujours autrement qu'on ne les poserait soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ph&#233;nom&#232;ne social &#8211; l'antis&#233;mitisme comme les autres &#8211; est d'origine tr&#232;s complexe et varie en chaque pays et chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, en France, l'antis&#233;mitisme qui nous assourdit est un mouvement tr&#232;s superficiel, sanscauses profondes et sans port&#233;e, d&#251; presque en enter &#224; la basse envie de candidats distanc&#233;s dans les concours de fonctionnaires, &#233;cart&#233;s dans la distribution des places.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compar&#233;s au chr&#233;tiens, les Juifs, &#224; n'en pas douter, leur sont de beaucoup sup&#233;rieurs par la moyenne de l'instruction de m&#234;me ils l'emportent en solidarit&#233; et s'entr'aident davantage &lt;i&gt;per fas et ne fas&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par tous les moyens possibles, justes ou injustes&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont donc toute chance de mieux r&#233;ussir dans la carri&#232;re des fonctions et des honneurs et tous les ambitieux rat&#233;s leur en veulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Antis&#233;mitisme est surtout une rivalit&#233; vile, et, d'avance est frapp&#233; moralement puisqu'il ne fait appel &#224; aucun principe de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la pr&#233;fectaille isra&#233;lite provoque le d&#233;go&#251;t, bien plus ignominieuse encore est la tourbe de ceux qui hurlent : &#034;A bas les juifs !&#034; dans l'esp&#233;rance de les remplacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s naturellement &#171; les salari&#233;s et les sans travail se d&#233;sint&#233;ressent de ce mouvement &#187; parce que les d&#233;tenteurs du capital, ma&#238;tres et parasites, se ressemblent tous, qu'ils soient juifs ou chr&#233;tiens. Pourquoi changer de patrons s'ils proc&#232;dent tous de la m&#234;me mani&#232;re &#224; l'&#233;gard de leurs ouvriers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent chr&#233;tien, l'argent juif ont la m&#234;me odeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faim est aussi poignante si elle est impos&#233;e par un fils de Japhet ou par un fils de Sem ; Shylock et Vautour d&#233;coupent aec la m&#234;me apret&#233; dans les corps vivants leur livre de chair humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les mesures propos&#233;es par les antis&#233;mites ?&#034; Vous les connaissez : n parle de mort, d'exil, d'internement, de spoliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; il y eut des meurtres ; il y en aura certainement encore. On a pill&#233; des boutiques, on en pillera d'autres, et sans attendre le bannissement, nombre de juifs s'en vont d'eux-m&#234;mes pour &#233;chapper aux insultes. Mais ces faits ne produiront qu'une &#233;motion passag&#232;re et la question juive ne d&#233;tournera que pour un moment les esprits de la grande question qui s'applique &#224; tous, juifs, chr&#233;tiens, musulmans ou pa&#239;ens d'origine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il juste que des hommes meurent de faim ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il juste que des millions et des millions de francs, repr&#233;sentant autant de millions de vies humaines, s'accumulent ans le coffre-fort d'un seul ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il juste que le travail ou la ruine d&#233;pendent du caprice d'un milliardaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puisque ces faits monstrueux se produisent r&#233;ellement, n'est-il pas juste que les fam&#233;liques se r&#233;voltent et reprennent de haute lutte ce qui leur appartient : l'avoir social d&#251; au travail de tous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que les pr&#233;tendues haines de race n'arr&#234;tent plus longtemps la soci&#233;t&#233; dans l'accomplissement de sa grande &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par tous les moyens possibles, justes ou injustes&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>RECLUS, &#201;lis&#233;e. &#034;Dignes pr&#233;cepteurs&#034;</title>
		<link>https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article372</link>
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		<dc:date>2011-06-18T10:07:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R.C.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'Incorruptible. Paris (2 f&#233;vrier 1897) &lt;br class='autobr' /&gt; Quelle tristesse pour les hommes de c&#339;ur de regarder vers l'Espagne, o&#249; l'on voit les prisons si remplies, les bourreaux si affair&#233;s, les pr&#234;tres si joyeux de livrer leurs ennemis au &#034;bras s&#233;culier&#034;. On se demande si derri&#232;re la foule des tortureurs ne se pressent pas les m&#226;nes des inquisiteurs pour se d&#233;salt&#233;rer dans le sang des victimes. Les vieux instruments de supplice que l'on avait remis&#233;s dans les souterrains des prisons et des &#233;glises (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Cabinet de lecture : Quelques textes d'&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Incorruptible&lt;/i&gt;. Paris (2 f&#233;vrier 1897)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelle tristesse pour les hommes de c&#339;ur de regarder vers l'Espagne, o&#249; l'on voit les prisons si remplies, les bourreaux si affair&#233;s, les pr&#234;tres si joyeux de livrer leurs ennemis au &#034;bras s&#233;culier&#034;. On se demande si derri&#232;re la foule des tortureurs ne se pressent pas les m&#226;nes des inquisiteurs pour se d&#233;salt&#233;rer dans le sang des victimes. Les vieux instruments de supplice que l'on avait remis&#233;s dans les souterrains des prisons et des &#233;glises servent de nouveau, et les d&#233;fenseurs du tr&#244;ne, les souteneurs de l'autel ont la volupt&#233; de les utiliser encore pour d&#233;chirer les chairs, pour &#233;corcher les peux humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour du sang a tellement &#233;nivr&#233;, tellement affol&#233; ces conservateurs espagnols qu'ils acceptent volontiers de perdre leurs colonies de Cuba et des Philippines pourvu qu'avant l'abandon d&#233;finitif ils aient pu fusiller, massacrer, assassiner des milliers et des milliers d'hommes combattant pour leur libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'archev&#234;que de Manille fait destituer un g&#233;n&#233;ral parce que celui-ci n'a pas couch&#233; sur le sol assez de cadavres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de Ram&#243;n Blanco y Erenas, marqu&#233;s de Pe&#241;a Plata (1833&#8211;1906), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et quand le g&#233;n&#233;ral d&#233;barque en Espagne, il proteste : &#034;On m'accuse &#224; tort, on est injuste envers moi ! J'ai pourtant sign&#233; cinquante arr&#234;ts de mort !&#034;. Pilate se lavait les mains parce qu'il les voulait nettes du sang d'un juste ; Blanco montre les siennes pour qu'on les voie toutes rouges d'un sang innocent. Puis il fait en propre &#233;loge en se d&#233;clarant digne d'aller &#224; la Cour faire l'&#233;ducation du roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, nobles g&#233;n&#233;raux ! vous en &#234;tes vraiment dignes ! vous saurez parfaitement enseigner au souverain, par le pr&#233;cepte et par l'exemple, l'art de ressembler &#224; Philippe II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elis&#233;e Reclus&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit de Ram&#243;n Blanco y Erenas, marqu&#233;s de Pe&#241;a Plata (1833&#8211;1906), gouverneur g&#233;n&#233;ral des Philippines (1893&#8212;D&#233;cembre 13, 1896). Confront&#233; &#224; un mouvement d'indpendance, il instaure la cour martiale dans 8 provinces. Les arrestations et tortures se multiplient. Sur la r&#233;volte des Philippines, voir ANDERSON, Benedict. Les &lt;i&gt;Banni&#232;res de la r&#233;volte. Anarchisme, litt&#233;rature et imaginaire anticolonial&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Emilie L'H&#244;te, La D&#233;couverte, 264 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Note de R. C.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>RECLUS, &#201;lis&#233;e. &#034;Musique et harmonies&#034;</title>
		<link>https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article368</link>
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		<dc:date>2011-01-06T19:09:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R.C.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avant d'avoir &#233;t&#233; convertis par les Maristes et disciplin&#233;s par les gardes-chiourme, les Kanakes de la Nouvelle-Cal&#233;donie jouaient de la fl&#251;te au milieu des champs &#171; pour encourager les plantes &#224; germer et les fruits &#224; m&#251;rir &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
N'est-ce pas l&#224;, sous une autre forme, et peut-&#234;tre plus gracieuse encore, la l&#233;gende d'Orph&#233;e, dont la lyre entra&#238;ne les hommes, apprivoise les animaux, &#233;meut jusqu'aux pierres et les force &#224; s'&#233;riger en murailles, pour construire la cit&#233; des hommes libres ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Cabinet de lecture : Quelques textes d'&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant d'avoir &#233;t&#233; convertis par les Maristes et disciplin&#233;s par les gardes-chiourme, les Kanakes de la Nouvelle-Cal&#233;donie jouaient de la fl&#251;te au milieu des champs &#171; pour encourager les plantes &#224; germer et les fruits &#224; m&#251;rir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas l&#224;, sous une autre forme, et peut-&#234;tre plus gracieuse encore, la l&#233;gende d'Orph&#233;e, dont la lyre entra&#238;ne les hommes, apprivoise les animaux, &#233;meut jusqu'aux pierres et les force &#224; s'&#233;riger en murailles, pour construire la cit&#233; des hommes libres ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://archives.cira-marseille.info/reclus/local/cache-vignettes/L360xH331/musique-72332.gif?1652646897' width='360' height='331' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Kupka F.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le peuple dont nous sommes tous se meut en un rythme constant : en chacun de nous, la musique int&#233;rieure du corps, dont la cadence r&#233;sonne dans la poitrine, r&#232;gle les vibrations de la chair, les mouvements du pas, les &#233;lans de la passion, m&#234;me les allures de la pens&#233;e, et quand tous ces battements s'accordent, s'unissent un une m&#234;me harmonie, un organisme multiple se constitue, embrassant toute une foule et lui donnant une seule &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; la simple mesure marqu&#233;e par le fifre et le tambour suffit &#224; faire mouvoir toute la population d'une rue, embo&#238;tant le pas derri&#232;re une compagnie d'histrions ou de montreurs d'ours. Et que ne peut la musique vraie, avec ses expressions d'infinie tendresse, d'enthousiasme tout-puissant ! Alors la vie, devenue commune &#224; tous, inspire une m&#234;me passion &#224; l'&#234;tre collectif et lui donne aussi le m&#234;me sentiment moral, le pr&#233;dispose &#224; la m&#234;me volont&#233; d'action ; ce que fait la parole &#233;loquente, la musique peut l'accomplir aussi, d'une mani&#232;re plus vague en apparence, mais plus profonde en r&#233;alit&#233; puisque, si elle ne sollicite pas les foules &#224; une &#339;uvre d&#233;termin&#233;e, elle s'empare de l'&#234;tre intime et le pr&#233;dispose &#224; un &#233;tat g&#233;n&#233;ral contenant en puissance tous les actes d'h&#233;ro&#239;sme. Tous ceux que la musique unit en une &#233;motion collective comprennent mieux l'&#339;uvre dans son ensemble que ne pourrait le faire &#224; la lecture ou &#224; l'audition solitaire le musicien le plus savant : il arrive parfois que le public r&#233;v&#232;le aux ex&#233;cutants eux-m&#234;mes telle finesse qui leur avait &#233;chapp&#233;. Ainsi la musique, m&#234;me sous sa forme &#233;troite d'harmonie des sons, est l'art humanitaire par excellence, qui rend la conscience de leur solidarit&#233; &#224; ceux que la lutte pour l'existence d&#233;sunit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que dire de la musique telle que la connurent les Hell&#232;nes, de la musique dans toute son ampleur o&#249; les manifestations humaines se marient &#224; chaque d&#233;couverte de la science, &#224; chaque forme de l'art ? Qui fixera des limites &#224; la puissance de l'homme, alors qu'il disposera d'un accord parfait avec le m&#233;canisme de la nature, et que chacune de ses vibrations sera r&#233;gl&#233;e par la marche des &#233;toiles, par le &#171; rythme sacr&#233; des saisons et des heures &#187;. C'est jusqu'&#224; ce haut degr&#233; de perfection que l'homme peut esp&#233;rer d'atteindre si les bourgeons entrevus s'&#233;panouissent en fleurs, si les forces en germe ne se trouvent point paralys&#233;es par quelque maladie soudaine, si l'&#233;ducation de l'humanit&#233; continue de se faire comme autrefois suivant une s&#233;rie de secousses qui comporte le progr&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>RECLUS, &#201;lis&#233;e. &#034;Le pain gratuit&#034;</title>
		<link>https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article333</link>
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		<dc:date>2008-12-28T10:35:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R.C.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cette lettre, aimablement reproduite par E. Coulaud, se trouve dans l'ouvrage de Victor Barrucand : le Pain gratuit (Ed. Chamurel 1896). Celui-ci ayant propos&#233; de tenter une exp&#233;rience de pain gratuit, re&#231;ut de Reclus la r&#233;ponse qui suit. &lt;br class='autobr' /&gt; Cher monsieur, &lt;br class='autobr' /&gt;
Le plan de M. Victor Barrucand m'int&#233;resse infiniment, et d&#232;s &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il aura le moindre commencement de r&#233;alisation, je serai tr&#232;s &lt;br class='autobr' /&gt;
heureux de m'inscrire comme membre de la commune o&#249; le pain sera &lt;br class='autobr' /&gt;
gratuit. J'ajouterai que s'il &#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Cabinet de lecture : Quelques textes d'&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette lettre, aimablement reproduite par E. Coulaud, se trouve dans l'ouvrage de Victor Barrucand : le Pain gratuit (Ed. Chamurel 1896). Celui-ci ayant propos&#233; de tenter une exp&#233;rience de pain gratuit, re&#231;ut de Reclus la r&#233;ponse qui suit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cher monsieur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de M. Victor Barrucand m'int&#233;resse infiniment, et d&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qu'il aura le moindre commencement de r&#233;alisation, je serai tr&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;heureux de m'inscrire comme membre de la commune o&#249; le pain sera&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;gratuit. J'ajouterai que s'il &#233;tait prouv&#233; que la consommation unique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;du pain puisse amener des cas d'an&#233;mie - ce que je ne crois pas, vu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'exemple donn&#233; jadis par certains districts de la Normandie - je ne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;serais nullement chagrin que l'on ajout&#226;t au pain ce que l'on appelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans notre Midi la Masquedure, le m&#226;che-dur, nouvel acheminement au&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;communisme futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si louable que soit l'id&#233;e de Victor Barrucand, je la crois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;absolument irr&#233;alisable. Pour la rendre possible, il faudrait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;accomplir une r&#233;volution, et, dans ce cas, il importe de donner &#224;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;cette r&#233;volution un ampleur bien autrement grande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, jamais les patrons, les sp&#233;culateurs, les&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;capitalistes, n'admettront un &#233;tat de choses qui permettrait &#224; tous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les gr&#233;vistes de leur tenir t&#234;te ind&#233;finiment. Que l'id&#233;e de&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barrucand soit adopt&#233;e, et demain, les donneurs de travail sont &#224; la&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;merci de leurs ouvriers. Les patrons le savent : plut&#244;t que de&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;laisser donner le pain gratuit , ils massacreront tous le peuple&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand &#224; l'Etat, dont M. Barrucand dit qu'il ne pourrait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;intervenir dans ce contrat entre particuliers, l'Etat est au service&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;des riches ; il interviendra : les communes ne sont-elles pas sous son&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;absolue d&#233;pendance ? Il interviendra et, comme toujours, ce sera pour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;fusiller, si le cas l'exige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en &#233;tant fort heureux que M. Barrucand ait agit&#233; cette&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;question de la gratuit&#233; du pain, qui fera r&#233;fl&#233;chir quelques-uns, je&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;consid&#232;re son plan comme absolument chim&#233;rique. Qu'il essaie, mais il&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ne r&#233;ussira pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cordialement &#224; vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elis&#233;e Reclus&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>RECLUS, &#201;lis&#233;e. Lettre &#224; Grandjouan</title>
		<link>https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article319</link>
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		<dc:date>2007-12-18T20:07:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; M. Grandjouan, qui demandait une contribution &#224; un num&#233;ro de &#171; L'assiette au beurre &#187; contre l'alliance russe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Thourout, 30, V, 05. [30 mai 1905] &lt;br class='autobr' /&gt;
Hommes libres, quel que soit notre lieu natal, nous n'avons pas &#224; nous plaindre des agissements de nos ennemis. Ils font ce qu'ils veulent, pour leur avantage particulier, et nous n'avons qu'une fa&#231;on de leur r&#233;pondre, faire sans eux et contre eux ce que nous savons &#234;tre utile pour le bien commun. Le gouvernement de la R&#233;publique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Cabinet de lecture : Quelques textes d'&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; M. Grandjouan, qui demandait une contribution &#224; un num&#233;ro de &#171; L'assiette au beurre &#187; contre l'alliance russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thourout, 30, V, 05. [30 mai 1905]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hommes libres, quel que soit notre lieu natal, nous n'avons pas &#224; nous plaindre des agissements de nos ennemis. Ils font ce qu'ils veulent, pour leur avantage particulier, et nous n'avons qu'une fa&#231;on de leur r&#233;pondre, faire sans eux et contre eux ce que nous savons &#234;tre utile pour le bien commun. Le gouvernement de la R&#233;publique, sur l'ordre des banquiers et des militaires, a conclu l'alliance dite &#171; russe &#187; avec la horde des grands-ducs, group&#233;s autour du bon &#171; Petit-P&#232;re &#187;, et c'est ainsi que la nation fran&#231;aise a &#233;t&#233; all&#233;g&#233;e de quelques milliards et que la foule s'est &#233;nivr&#233;e d'une fr&#233;n&#233;sie stupide. Les victimes auraient mauvaise gr&#226;ce &#224; protester : elles ont bu l'eau-de-vie des f&#234;tes. A nous, r&#233;volutionnaires de l'Occident, de nous allier &#224; notre tour avec vous, tr&#232;s chers et tr&#232;s g&#233;n&#233;reux r&#233;volutionnaires slaves, caucasiens, sib&#233;riens. Sachons agir de concert pour lib&#233;rer la grande patrie, qui s'&#233;tend jusqu'aux limites du monde, partout o&#249; il y a des ma&#238;tres et des opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>RECLUS. &#201;lis&#233;e. Lettre &#233;crite &#224; l'occasion de l'ouverture d'un congr&#232;s anarchiste &#224; Barcelone</title>
		<link>https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article318</link>
		<guid isPermaLink="true">https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article318</guid>
		<dc:date>2007-12-18T20:03:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R.C.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Publi&#233;e par Il Pensiero du 16 juin 1907, et par le R&#233;veil de Gen&#232;ve du 7 janvier 1911. &lt;br class='autobr' /&gt; Chers camarades, &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons en g&#233;n&#233;ral l'habitude d'exag&#233;rer aussi bien notre force que notre faiblesse : ainsi, pendant les &#233;poques r&#233;volutionnaires, il nous semble que le moindre de nos actes doive avoir des cons&#233;quences incalculables, et, en revanche, dans certains moments de marasme, toute notre vie, bien que consacr&#233;e enti&#232;rement au travail, nous para&#238;t inf&#233;conde et inutile, et nous nous croyons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Cabinet de lecture : Quelques textes d'&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233;e par &lt;i&gt;Il Pensiero&lt;/i&gt; du 16 juin 1907, et par &lt;i&gt;le R&#233;veil&lt;/i&gt; de Gen&#232;ve du 7 janvier 1911.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chers camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons en g&#233;n&#233;ral l'habitude d'exag&#233;rer aussi bien notre force que notre faiblesse : ainsi, pendant les &#233;poques r&#233;volutionnaires, il nous semble que le moindre de nos actes doive avoir des cons&#233;quences incalculables, et, en revanche, dans certains moments de marasme, toute notre vie, bien que consacr&#233;e enti&#232;rement au travail, nous para&#238;t inf&#233;conde et inutile, et nous nous croyons m&#234;me emport&#233;s par un vent de r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faut-il donc faire pour nous maintenir en &#233;tat de vigueur intellectuelle, d'activit&#233; morale et de foi dans le bon combat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous adressez &#224; moi parce que vous comptez sur mon exp&#233;rience des hommes et des choses. Eh bien, en ma qualit&#233; de vieillard, je m'adresse aux jeunes et leur dis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point de querelles ni de personnalit&#233;s. Ecoutez les arguments contraires apr&#232;s avoir expos&#233; les v&#244;tres ; sachez vous taire et r&#233;fl&#233;chir ; n'essayez pas d'avoir raison au d&#233;triment de votre sinc&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etudiez avec discernement et pers&#233;v&#233;rance. L'enthousiasme et le d&#233;vouement, m&#234;me jusqu'&#224; la mort, ne sont l'unique moyen de servir sa cause. Il est facile de donner sa vie, pas toujours facile de nous conduire, en sorte que notre vie serve d'enseignement. Le r&#233;volutionnaire conscient n'est pas seulement un homme de sentiment, il est aussi un homme de raison dont tous les efforts en vue de plus de justice et de solidarit&#233; s'appuient sur des connaissances exactes et synth&#233;tiques d'histoire, de sociologie, de biologie, qui peut, pour ainsi dire, incorporer ses id&#233;es personnelles dans l'ensemble g&#233;n&#233;rique des sciences humaines et affronter la lutte, soutenu par l'immense force qu'il puisera dans ces connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evitez les sp&#233;cialisations ; n'appartenez ni aux patries ni aux partis, ne soyez ni Russe, ni Polonais, ni Slave ; soyez des hommes avides de v&#233;rit&#233;, d&#233;gag&#233;s de toute pens&#233;e d'int&#233;r&#234;t, et toute id&#233;e de sp&#233;culation vis-&#224;-vis de Chinois, Africains ou Europ&#233;ens : le patriote en arrive &#224; d&#233;tester l'&#233;tranger, &#224; perdre le sentiment de justice qui illuminait son premier enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni patron, ni chef, ni ap&#244;tre au langage consid&#233;r&#233; comme parole d'&#201;vangile ; fuyez les idoles et ne cherchez que la seule v&#233;rit&#233; dans les discours de l'ami le plus cher, du plus savant professeur. Si, l'ayant entendu, vous conservez quelque doute, descendez dans votre conscience et recommencez l'examen pour juger en dernier ressort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc repousser toute autorit&#233;, mais s'astreindre au respect profond d'une conviction sinc&#232;re, vivre sa propre vie, mais reconna&#238;tre &#224; chacun l'enti&#232;re libert&#233; de vivre la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous vous lancez dans la m&#234;l&#233;e pour vous sacrifier en d&#233;fendant les humili&#233;s et les offens&#233;s, c'est bien, compagnons, affrontez noblement la mort. Si vous pr&#233;f&#233;rez le lent et patient labeur en vue d'un meilleur avenir, c'est mieux encore, faites-en l'objectif de chacun des instants d'une vie g&#233;n&#233;reuse. Mais si vous choisissez de rester pauvres parmi les pauvres, en compl&#232;te solidarit&#233; avec ceux qui souffrent, que votre existence s'irradie en lumi&#232;re bienfaisante, en parfait exemple, en f&#233;cond enseignement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salut, camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Voir aussi quelques lettres de Reclus dans sa &lt;a href=&#034;http://kropot.free.fr/Reclus-corr-TIII.htm#4-12-01&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Correspondance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>RECLUS, &#201;lis&#233;e. &#034;L'anarchiste&#034;</title>
		<link>https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article317</link>
		<guid isPermaLink="true">https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article317</guid>
		<dc:date>2007-12-18T19:30:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Anarchisme : t&#233;moignages, conceptions, questionnements, r&#233;flexions, philosophies, th&#233;ories</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Paru dans Almanach anarchiste pour 1902, Paris. Publi&#233; par P. Delesalle. &lt;br class='autobr' /&gt; Par d&#233;finition m&#234;me, l'anarchiste est l'homme libre, celui qui n'a point de ma&#238;tre. Les id&#233;es qu'il professe sont bien siennes par le raisonnement. Sa volont&#233;, n&#233;e de la compr&#233;hension des choses, se concentre vers un but clairement d&#233;fini ; ses actes sont la r&#233;alisation directe de son dessein personnel. A c&#244;t&#233; de tous ceux qui r&#233;p&#232;tent d&#233;votement les paroles d'autrui ou les redites traditionnelles, qui assouplissent (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Cabinet de lecture : Quelques textes d'&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?mot40" rel="tag"&gt;Anarchisme : t&#233;moignages, conceptions, questionnements, r&#233;flexions, philosophies, th&#233;ories&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paru dans &lt;i&gt;Almanach anarchiste pour 1902&lt;/i&gt;, Paris. Publi&#233; par P. Delesalle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par d&#233;finition m&#234;me, l'anarchiste est l'homme libre, celui qui n'a point de ma&#238;tre. Les id&#233;es qu'il professe sont bien siennes par le raisonnement. Sa volont&#233;, n&#233;e de la compr&#233;hension des choses, se concentre vers un but clairement d&#233;fini ; ses actes sont la r&#233;alisation directe de son dessein personnel. A c&#244;t&#233; de tous ceux qui r&#233;p&#232;tent d&#233;votement les paroles d'autrui ou les redites traditionnelles, qui assouplissent leur &#234;tre au caprice d'un individu puissant, ou, ce qui est plus grave encore, aux oscillations do la foule, lui seul est un homme, lui seul a conscience de sa valeur en face de toutes ces choses molles et sans consistance qui n'osent pas vivre de leur propre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais cet anarchiste qui s'est d&#233;barrass&#233; moralement de la domination d'autrui et qui ne s'accoutume jamais &#224; aucune des oppressions mat&#233;rielles que des usurpateurs font peser sur lui, cet homme n'est pas encore son ma&#238;tre aussi longtemps qu'il ne s'est pas &#233;mancip&#233; de ses passions irraisonn&#233;es. Il lui faut se conna&#238;tre, se d&#233;gager de son propre caprice, de ses impulsions violentes, de toutes ses survivances d'animal pr&#233;historique, non pour tuer ses instincts, mais pour les accorder harmonieusement avec l'ensemble de sa conduite. Lib&#233;r&#233; des autres hommes, il doit l'&#234;tire &#233;galement de soi-m&#234;me pour voir clairement o&#249; se trouve la v&#233;rit&#233; cherch&#233;e, et comment il se dirigera vers elle sans faire un mouvement qui ne l'en rapproche, sans dire une parole qui ne la proclame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si l'anarchiste arrive &#224; se conna&#238;tre, par cela m&#234;me il conna&#238;tra son milieu, hommes et choses. L'observation et l'exp&#233;rience lui auront montr&#233; que par elles-m&#234;mes toute sa ferme compr&#233;hension de la vie toute sa fi&#232;re volont&#233; resteront impuissantes s'il ne les associe pas &#224; d'autres compr&#233;hensions, &#224; d'autres volont&#233;s Seul, il serait facilement &#233;cras&#233;, mais, devenu force, il se groupe avec d'autres forces constituant une soci&#233;t&#233; d'union parfaite, puisque tous sont li&#233;s par la communion d'id&#233;es, la sympathie et le bon vouloir. En ce nouveau corps social, tous les camarades sont autant d'&#233;gaux se donnant mutuellement le m&#234;me respect et les m&#234;mes t&#233;moignages de solidarit&#233;. Ils sont fr&#232;res d&#233;sormais si les mille r&#233;voltes des isol&#233;s se transforment en une revendication collective, qui t&#244;t ou tard nous donnera le soci&#233;t&#233; nouvelle, l'Harmonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ELIS&#201;E RECLUS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://raforum.info/article.php3?id_article=17&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir aussi sur le site &#034;Recherche sur l'anarchisme&#034; : Qu'est-ce que l'anarchie ? Points de vue divers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>RECLUS, &#201;lis&#233;e. Pr&#233;face &#224; La Conqu&#234;te du pain de Pierre KROPOTKINE</title>
		<link>https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article313</link>
		<guid isPermaLink="true">https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article313</guid>
		<dc:date>2007-12-16T11:38:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Pierre Kropotkine m'a demand&#233; d'&#233;crire quelques mots en t&#234;te de son ouvrage, et je me rends &#224; son d&#233;sir, tout en &#233;prouvant une certaine g&#234;ne &#224; le faire. Ne pouvant rien ajouter au faisceau d'arguments qu'il apporte dans son oeuvre, je risque d'affaiblir la force de ses paroles. Mais l'amiti&#233; m'excuse. Alors que pour les &#171; r&#233;publicains &#187; fran&#231;ais le supr&#234;me bon go&#251;t est de se prosterner aux pieds du tsar, j'aime &#224; me rapporcher des hommes libres qu'il ferait battre de verges, qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Cabinet de lecture : Quelques textes d'&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pierre Kropotkine m'a demand&#233; d'&#233;crire quelques mots en t&#234;te de son ouvrage, et je me rends &#224; son d&#233;sir, tout en &#233;prouvant une certaine g&#234;ne &#224; le faire. Ne pouvant rien ajouter au faisceau d'arguments qu'il apporte dans son oeuvre, je risque d'affaiblir la force de ses paroles. Mais l'amiti&#233; m'excuse. Alors que pour les &#171; r&#233;publicains &#187; fran&#231;ais le supr&#234;me bon go&#251;t est de se prosterner aux pieds du tsar, j'aime &#224; me rapporcher des hommes libres qu'il ferait battre de verges, qu'il enfermerait dans les oubliettes d'une citadelle ou pendre dans une cour obscure. Avec ces amis, j'oublie un instant l'abjection des ren&#233;gats qui s'enrouaient dans leur jeunesse &#224; crier : Libert&#233;, Libert&#233; ! et qui s'appliquent maintenant &#224; marier les deux airs de la &lt;i&gt;Marseillaise&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Boje Tsaria Khrani&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que Dieu prot&#232;ge le Tsar. Hymne national russe de l'&#233;poque&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://kropot.free.fr/Reclus-PrefConq.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Que Dieu prot&#232;ge le Tsar&lt;/i&gt;. Hymne national russe de l'&#233;poque&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>RECLUS, &#201;lis&#233;e. Correspondance </title>
		<link>https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article312</link>
		<guid isPermaLink="true">https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article312</guid>
		<dc:date>2007-12-16T06:32:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Lettres personnelles et lettres publiques : vous pouvez lire un choix de textes sur ce site &lt;br class='autobr' /&gt;
Tome I &lt;br class='autobr' /&gt;
Tome II &lt;br class='autobr' /&gt;
Tome III&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Cabinet de lecture : Quelques textes d'&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lettres personnelles et lettres publiques : vous pouvez lire un choix de textes sur ce site&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://kropot.free.fr/Reclus-corr-t1.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tome I&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://kropot.free.fr/Reclus-corr-T2.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tome II&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://kropot.free.fr/Reclus-corr-TIII.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tome III&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>RECLUS, &#201;lis&#233;e. &#034;John Brown&#034;</title>
		<link>https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?article305</link>
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		<dc:date>2007-12-14T08:24:38Z</dc:date>
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		<dc:subject>BROWN, John (1800-1859)</dc:subject>

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&lt;p&gt;John Brown &#233;tait un de ces rudes travailleurs am&#233;ricains que leur &#233;ducation dans une soci&#233;t&#233; libre rend propres aux occupations les plus diverses. &#201;lev&#233; comme trappeur dans les for&#234;ts de l'Ouest, il se fit successivement tanneur, berger, marchand de laines, fermier ; souvent aussi il changea de r&#233;sidence, habitant tour &#224; tour le Connecticut, l'Ohio, l'&#201;tat de New-York, la Pennsylvanie et dans ses voyages de commerce, il traversa m&#234;me l'Atlantique pour visiter l'Angleterre, la France et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Cabinet de lecture : Quelques textes d'&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://archives.cira-marseille.info/reclus/spip.php?mot205" rel="tag"&gt;BROWN, John (1800-1859)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://archives.cira-marseille.info/reclus/local/cache-vignettes/L200xH239/jbrorrcsm-2c5c7.jpg?1652646823' width='200' height='239' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;John Brown (1800-1859)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;John Brown &#233;tait un de ces rudes travailleurs am&#233;ricains que leur &#233;ducation dans une soci&#233;t&#233; libre rend propres aux occupations les plus diverses. &#201;lev&#233; comme trappeur dans les for&#234;ts de l'Ouest, il se fit successivement tanneur, berger, marchand de laines, fermier ; souvent aussi il changea de r&#233;sidence, habitant tour &#224; tour le Connecticut, l'Ohio, l'&#201;tat de New-York, la Pennsylvanie et dans ses voyages de commerce, il traversa m&#234;me l'Atlantique pour visiter l'Angleterre, la France et l'Allemagne. Revenu d'Europe en 1849, il s'&#233;tablit pr&#232;s du village de North-Elba (New-York), dans un froid vallon des montagnes d'Adirondack, et l&#224;, aid&#233; de sa vaillante femme et de ses dix enfants, il se mit &#224; d&#233;fricher le sol et &#224; soigner le b&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce paysan &#233;tait en m&#234;me temps un citoyen. Plein du sentiment de ses devoirs envers la soci&#233;t&#233;, il voulait, avant toutes choses, travailler au bonheur de ses compatriotes, contribuer pour sa part &#224; la grande &#339;uvre de l'am&#233;lioration du genre humain. La haine de l'injustice le p&#233;n&#233;trait, et, dans ses conversations, il ne cessait de rappeler les souffrances des faibles et des opprim&#233;s. Il &#233;levait ses enfants &#224; la mission de redresseurs de torts, il avait fait du d&#233;vouement h&#233;ro&#239;que &#224; la cause des malheureux, l'&#226;me m&#234;me de la famille, le g&#233;nie du foyer domestique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cependant, autour de lui, dans les libres communes des &#201;tats du Nord, il ne voyait gu&#232;re que des indices de prosp&#233;rit&#233;. Les cultivateurs, ses voisins, gagnaient honn&#234;tement leur subsistance, et jouissaient de la libert&#233; la plus compl&#232;te, des &#233;coles &#233;taient ouvertes dans tous les villages environnants ; la paix existait sur tout le territoire f&#233;d&#233;ral, la mis&#232;re y &#233;tait presque inconnue, les progr&#232;s mat&#233;riels de la nation &#233;taient sans exemple dans le monde. La plupart des Am&#233;ricains, &#233;go&#239;stement fiers de leurs libert&#233;s, pensaient que tout allait pour le mieux dans la meilleure des r&#233;publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai, la nation blanche des &#201;tats du Nord, &#233;tait plus heureuse que ne l'avait encore &#233;t&#233; aucune nation de la terre, mais les noirs qui passaient comme des ombres &#224; c&#244;t&#233; des citoyens, n'&#233;taient que des parias m&#233;pris&#233;s, et dans les &#201;tats du Sud, c'est par millions que se comptaient les esclaves Africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, les travailleurs des champs, au lieu d'&#234;tre possesseurs de leur terre et des produits obtenus par leurs peines, &#233;taient au contraire des b&#234;tes de somme achet&#233;es et vendues, des &#234;tres priv&#233;s de nom l&#233;gal, plac&#233;s hors de la famille elle-m&#234;me, puisque leurs enfants appartenaient au ma&#238;tre. &#171; L'esclave, disaient tous les codes des &#201;tats du Sud, l'esclave est une chose et non pas un homme : c'est un automate muni de bras pour travailler, d'&#233;paules pour supporter le carcan, d'une &#233;chine pour recevoir les coups de fouet. C'est un objet que le ma&#238;tre peut &#233;changer, vendre, louer, hypoth&#233;quer, emmagasiner, jouer &#224; la palette ou aux osselets ; ce n'est rien, moins que rien. Le n&#232;gre, proclamait un c&#233;l&#232;bre arr&#234;t de la Cour supr&#234;me des Etats-Unis, le n&#232;gre n'a aucun droit que le blanc soit tenu de respecter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les abominations qui navraient John Brown.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'&#226;ge de douze ans, lors d'un voyage qu'il fit en Virginie, il s'&#233;tait jur&#233;, en voyant battre un petit n&#232;gre &#224; coups de fouet, que, pendant toute sa vie, il serait du parti des faibles contre les forts. Sa ferme de North-Elba &#233;tait devenue une des stations les plus importantes de ce &#171; chemin de fer souterrain &#187; par lequel les esclaves fugitifs des &#201;tats du Sud s'&#233;chappaient vers le Canada. John Brown les accueillait en fr&#232;res, leur donnait des vivres pour la route, leur marquait les &#233;tapes, et, s'armant de sa carabine, les accompagnait la nuit par les sentiers des bois jusqu'&#224; la demeure de l'affili&#233; le plus voisin. Et, cependant, Brown se reprochait de ne pas faire davantage pour l'&#339;uvre de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir tenu un conseil de famille, vers la fin de l'ann&#233;e 1854, John Brown et ses fils d&#233;cident qu'ils abandonnent la terre libre et pacifique des &#201;tats du Nord pour aller s'&#233;tablir au Kansas, sur la fronti&#232;re m&#234;me du pays d'esclavage. C'est &#224; la fois par la charrue et par le fusil qu'ils veulent travailler &#224; la conqu&#234;te de ce nouveau territoire : en cultivant eux-m&#234;mes le sol, ils opposeront une barri&#232;re aux envahissements des planteurs et maintiendront la dignit&#233; du travail manuel ; en d&#233;fendant leurs champs par les armes, ils permettront &#224; des colons pacifiques de s'&#233;tablir dans les terres encore incultes de l'Ouest, et de grossir ainsi la population libre. C'&#233;tait une guerre &#224; mort entre les deux soci&#233;t&#233;s qui se heurtaient sur les bords du Kansas. D'un c&#244;t&#233;, arrivaient les Missouriens, tra&#238;nant apr&#232;s eux leurs chiourmes d'esclaves ; de l'autre, venaient les travailleurs yankees,d&#233;frichant eux-m&#234;mes le sol, ouvrant des &#233;coles dans les clairi&#232;res &#224; peine ouvertes, &#233;tablissant des imprimeries sous les grands arbres de la for&#234;t. Les planteurs d&#233;cr&#232;tent une constitution d'&#201;tat, faisant de l'esclavage la &#171; pierre angulaire &#187; de leur soci&#233;t&#233;. ; les abolitionnistes en votent une autre, affirmant que la servitude est &#171; la somme de toutes les infamies &#187;. Les esclavagistes br&#251;lent les cabanes des pionniers ; ceux-ci font des incursions dans le Missouri pour lib&#233;rer les noirs ; les bandes arm&#233;es se rencontrent sur la fronti&#232;re ; pendant de longues ann&#233;es, le sang ne cesse de couler. Dans cette lutte implacable, entre l'esclavage et la libert&#233;, nul chef de partisans ne fut plus audacieux, plus f&#233;cond en ressources, plus infatigable que le &#171; capitaine &#187; John Brown. Dans ces combats incessants, il perdit un de ses nobles fils, un autre devint fou ; mais, &#224; la fin, il eut la joie de voir que les abolitionnistes l'emporteraient. En d&#233;pit de la connivence du pr&#233;sident des Etats-Unis avec les planteurs, en d&#233;pit de la trahison du gouverneur et de toute l'administration locale, la population libre du Kansas ne cessait de s'accro&#238;tre, les esclavagistes ne se hasardaient plus &#224; passer la fronti&#232;re ; l'institution servile, d&#233;finitivement limit&#233;e du c&#244;t&#233; de l'Ouest, allait subir sa premi&#232;re grande d&#233;faite aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Brown, d&#233;j&#224; pr&#232;s d'atteindre la soixantaine, aurait pu jouir en paix de son triomphe, il aurait pu cultiver ces champs, arros&#233;s du sang de ses fils et songer, enfin, &#224; s'amasser une petite fortune pour ses vieux jours ; mais il avait le c&#339;ur trop haut, il aimait trop les opprim&#233;s du Sud pour ne pas leur d&#233;vouer ce qui lui restait de vie. Il r&#233;solut d'ex&#233;cuter un projet qu'il nourrissait depuis plus de vingt ans, celui de se transporter en plein pays ennemi pour &#233;manciper en grand. Accompagn&#233; de trois de ses fils, de deux gendres et de quelques hommes de c&#339;ur comme lui, il alla s'&#233;tablir dans une ferme abandonn&#233;e, situ&#233;e en pays d'esclavage, pr&#232;s de la ville virginienne de Harper's Ferry et pendant plusieurs mois, il y fit secr&#232;tement ses pr&#233;paratifs militaires pour sa grande &#339;uvre de lib&#233;ration. Le plan de John Brown &#233;tait de s'emparer de l'arsenal de Harper's Ferry, tr&#232;s-riche en armes de toute esp&#232;ce, de couper les lignes importantes de chemins de fer qui convergent vers ce point, puis de se jeter dans les gorges des montagnes pour harceler sans cesse les bandes organis&#233;es par les planteurs et se montrer &#224; l'improviste tant&#244;t sur un point, tant&#244;t sur un autre, comme lib&#233;rateur des n&#232;gres. Il comptait pouvoir tenir, au besoin, pendant des ann&#233;es, dans cette contr&#233;e sauvage des Alleghanys, jusqu'&#224; ce qu'enfin les esclaves, soulev&#233;s par milliers, eussent pu conqu&#233;rir leur libert&#233; &#224; main arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier coup r&#233;ussit parfaitement. A la t&#234;te de sa petite bande de 21 hommes, dont 5 noirs et 16 blancs, John Brown s'empara, pendant la nuit, de l'arsenal, occupa le pont du chemin de fer sur le Potomac et fit une soixantaine de prisonniers. durant toute la premi&#232;re moiti&#233; du jour suivant, il resta compl&#232;tement ma&#238;tre d'une ville de 3000 habitants ; mais dans le d&#233;sir de convaincre la population qu'il ne voulait faire aucun mal &#224; ses captifs et qu'il demandait seulement la libert&#233; d'un esclave [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lacune]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] battants y furent bless&#233;s ; des populations enti&#232;res moururent de mis&#232;re et de faim, de vastes provinces furent d&#233;vast&#233;es ; les immenses richesses accumul&#233;es dans les domaines des planteurs furent presque enti&#232;rement d&#233;truites. Mais aussi, quand la terrible lutte se termina par la victoire des citoyens libres du Nord, la servitude &#233;tait enfin abolie ; quatre millions de noirs qui, la veille, &#233;taient de simples marchandises, &#233;taient devenus des hommes ; la R&#233;publique, d&#233;barrass&#233;e de son crime, s'&#233;tait mise aussit&#244;t, par ses progr&#232;s en tout genre, &#224; la t&#234;te des nations civilis&#233;es. Et dans cette immense victoire, John Brown, mort avant la guerre, fit peut-&#234;tre plus que tous les autres, car c'&#233;tait sa m&#233;moire qui inspirait les abolitionnistes blancs et les 180,000 noirs combattant dans l'Arm&#233;e du Nord. C'est lui qui c&#233;l&#233;brait l'hymne de d&#233;livrance chant&#233; par les soldats marchant &#224; la bataille :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le corps de John Brown pourrit dans la fosse &#8212; et les captifs qu'il tenta de sauver pleurent encore ; &#8212; il a perdu la vie en luttantpour l'esclave ; &#8212; mais son &#226;me marche devant nous ! &#8212; Gloire ! Gloire ! Alleluiah ! &#8212; Son &#226;me marche devant nous ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la m&#233;moire de cet homme si grand par le caract&#232;re, et si grand par l'&#339;uvre accomplie, que Mad. Gael nous convie &#224; rendre hommage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coop&#233;ration du 30 juin 1867.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre devoir est de r&#233;pondre &#224; cet appel avec d'autant plus d'empressement que nous avons laiss&#233; huit longues ann&#233;es s'&#233;couler sans donner &#224; la famille de la victime le t&#233;moignage de sympathie auquel elle avait droit de la part de tous ceux qui aiment la justice. L'ann&#233;e derni&#232;re, Mad. Lincoln re&#231;ut avec &#233;motion l'adresse et la m&#233;daille qui lui envoyaient cinquante mille Fran&#231;ais, en souvenir des services que le pr&#233;sident assassin&#233; avait rendus &#224; la r&#233;publique. Mad. Brown, qui jamais ne tenta de d&#233;tourner son mari de sa voie de d&#233;vouement et qui fit avec un h&#233;ro&#239;sme d'une simplicit&#233; grandiose le sacrifice de ses fils, ne sera pas moins touch&#233;e de la preuve de sympathie que nous lui ferons parvenir. A l'oeuvre donc ! Nous comptons sur tous ceux qui luttent pour le droit contre la force, sur tous ceux qui ne vivent pas &#233;go&#239;stement pour eux-m&#234;mes ou leur seule famille et qui comprennent la beaut&#233; du sacrifice. Quant aux admirateurs de la violence, &#224; ceux qui m&#233;prisent le droit des faibles, John Brown n'est pour eux qu'un insens&#233;, qu'un violateur des lois de son pays. Nous ne leur demandons rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;right&gt;ELIS&#201;E RECLUS&lt;/right&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Coop&#233;ration&lt;/i&gt; du 30 juin 1867.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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