Biographie de Jose SABATÉ

SABATÉ LLOPART, Francisco (1915-1960). Anarchiste espagnolSABATÉ LLOPART, José (1909-1949)

Né le 17 août 1909, à Hospitalet de LLobregat, Espagne, José Sabate Llopart est le

frère aîné de Francisco Sabaté dit “El Quico”.

Homme de tête, homme de main, à l’altière silhouette, “Pepet”

haut de taille sait être efficace. Il pense l’événement et agit. Il

a une écoute attentive pour chaque compagnon, autant pour ceux aux

opinions divergentes. Prend la parole lors des meetings de la CNT à

Toulouse auprès de Fédérica Montseny, toujours prêt à engager la

parole entre les hommes. Il écrit pour la Soli Solidaridad Obrera, et

s’engage totalement dans la lutte urbaine contre le fascisme.

La collaboration entre les deux frères sera précoce et active. Début

des années 30, formation du groupe ‘Los Novatos’, et premières

actions durant la guerre, ils rejoindront la colonne des ‘Aguiluchos’

sur le front d’Aragon en 1936.

José Sabaté, soldat de la République, chef de centurie descends à

Valence prendre poste. Sa compagne Emilia Sabaté Beriain le rejoindra

aussitôt sur le front. En avril 1939, José Sabaté sera fait prisonnier

comme de nombreux compagnons dans le port d’Alicante, (il aurait alors

le grade de lieutenant), mené au camp de concentration de Albareta, puis

interné au fort (al pénal) de Carthagène, puis (desterrado) relégué

à nouveau à Valence.

À Valence en relégation, Pepet échappe de peu à la police franquiste,

celle-ci flouée, se saisit d’Emilia Sabaté et la soumet à la

question, mise au cachot pendant cinq jours, elle reçoit quotidiennement

de sévères bastonnades.

En 1945 (rendez-vous pris), José rejoint son frère Quico à Hospitalet,

où ils font des plans d’un avenir immédiat, le passage en France est

décidé (27.7.45) (carte de travail en France de 1945).

Après la guerre, la guérilla urbaine est en place comme forme de

résistance radicale au fascisme. Il rentre en France par Bordeaux, où

Emilia ne tarde pas à le rejoindre, et le couple s’installe à

Toulouse.

Lors de leurs incessants retours à Barcelone, les deux frères, sont plus

que jamais décidés, afin de perpétrés des attaques à main armée*

contre les banques et se donner ainsi les moyens de poursuivre le combat,

et apporter le soutien nécessaire aux prisonniers, le sort des deux

frères est indissociablement lié.

Le clan José et Emilia Sabaté est établi à Toulouse, il fédère bon

nombre de compagnons autour d’eux. Le couple vient d’avoir un fils

(Hélios) et vit modestement, mais on croit encore à la vie, Emilia est

radieuse et dispense sa bonne humeur constante et naturelle au groupe de

guerilleros.

En mars 1949, lors d’une action à Barcelone, José a l’épaule

traversée par une balle lors d’une cavalcade pour échapper à un

traquenard de la Police, il se remet de sa blessure, caché à Manresa, il

est rapatrié en France pour une brève et ultime accalmie à Toulouse.

Le groupe Sabaté poursuit inlassablement ses actions clandestines et

prend à chaque fois de grands risques, menant de concert et sans relâche

des actions d’éclat contre les forces franquistes, mais l’étau de la

réalité fasciste se resserre autour d’eux.

Sachant rallier des groupes d’hommes déterminés, s’organisant à la

résistance et à la guérilla urbaine avec des combattants tels Francisco

Martinez Marquez (Paco), José Pérez Pedrero (Tragapanes), Ramon Vila

Capdevila (Caraquemada), Francisco Denis Diez (Catala), Marcelino Massana,

les frères Manzanares, d’autres encore de ces réseaux d’activistes

qui tomberont au champ d’honneur de la résistance contre le fascisme

pour leur idéal humain entre 1949 et 1951.

Ce rythme d’actions déterminantes, José Sabaté les maintiendra avec

ses compagnons jusqu’à sa mort, il sera abattu les armes à la main par

les forces policières franquistes lors d’une embuscade à Barcelone, le

19 octobre 1949.

Antonio Téllez Sola, Sabaté, la guerilla urbaine en Espagne (1945-1960) Editions Repères-Silena, 1990.